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Depuis l'annonce du ministère des Transports de promouvoir le merroutage en France,
en 2003, les regards étaient davantage tournés vers le littoral Atlantique (La Rochelle, Nantes-Saint-Nazaire, Cherbourg),
pour des raisons que des mauvaises langues jugeaient politiques : il s'agissait des fiefs de membres éminents du
gouvernement. Il fut même question d'un Nantes-Espagne avec escale à la Rochelle rebaptisé "Express Fillon-Raffarin"
par certains transporteurs et armateurs, vite abandonné. C'est finalement du côté de la façade méditerranéenne qu'est parti le premier navire "merrouteur" de GLD Lines (nom de la société commune entre LDA et Grimaldi). Pourquoi Toulon-Rome ? Parce que par rapport au trajet par la route qui oblige à faire un arc, le bateau trace une ligne droite, ce qui rend l'option maritime plus compétitive que sur la façade Atlantique, entre la France et l'Espagne, où le navire longe la côte. Christophe Santoni, directeur de GLD Lines, affirme que, tout compris entrée et sortie du port, embarquement débarquement "la voie maritime dure 15 heures contre 22 heures seulement de trajet pour un routier respectueux de la limitation de vitesse et des temps de pauses légaux". Le prix proposé, à partir de 400 euros avec deux repas pour le conducteur, se veut " deux fois moins cher que la route". "Pour certains trajets, on économise du temps et de l'argent", confirme Gilbert Piron, responsable des Transports Gelin, implanté en Bretagne. Ça évite de payer le tunnel du Frejus ou du Mont Blanc (200 euros), une partie de route en Italie, et du gazole." Pour l'instant, l'entreprise 330 employés et 250 véhicules qui achemine chaque semaine vers l'Italie 80 camions chargés de nourriture animale ou de biscuits a emprunté la ligne une seule fois, et la reprenait hier soir. "Le souci, c'est que trois départs par semaine, c'est juste. Et on ne peut pas se permettre d'attendre." Conscients des difficultés de démarrage, LDA et Grimaldi ne se sont pas jetés dans ce pari sans filet : si l'italien a fourni le bateau (1), évitant un coûteux investissement de départ, LDA a amené un client solide. L'armateur français, qui effectuait deux allers-retours entre Fos-sur-Mer et Rome pour le compte de Gefco (branche transport de PSA) a persuadé le constructeur de transférer les départs vers Toulon. La nouvelle autoroute de la mer peut donc compter sur 40 000 voitures par an (dans le sens France-Italie) et un chiffre d'affaire substantiel. |