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LES MARDIS DU PROC…
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A BREST l'usage est désormais de se rendre le mardi après midi au tribunal pour suivre le
procès d'un commandant et de son armateur, mis en examen pour pollution en mer dans la
zone économique exclusive (ZEE). Depuis que le Président CHIRAC traite les navigateurs indélicats et leurs armateurs de voyous des mers, le ministre de la justice a suivi. La loi « PERBEN 2 succède à la loi PERBEN 1, le tout suivi d'une circulaire du garde des sceaux aux procureurs du 1 octobre 2004.» : Trois tribunaux spécialisés (Brest, Le Havre et Marseille) traitent les cas de pollution maritime. Le Tribunal de Grande Instance de PARIS conserve le traitement des affaires de grande complexité, les vieux dossiers parisiens sont renvoyés à BREST et jugés comme des sujets récents. Les peines sont augmentées pour équilibrer les sanctions entre celles des capitaines français qui risquent la prison et celles de leurs collègues étrangers qui payeront eux aussi de très fortes amendes. Ne sont considérées comme involontaires que les pollutions dues aux accidents (abordage, échouement etc.) Toutes celles provenant de rejets sont considérées comme volontaires. |
![]() couverture de TV magazine du 09/04/2005 |
Toujours est-il qu'il vaut mieux être pilote dans la douane ou l'aéronautique navale car là, on
ne chôme pas ! Il semble même que la ronde des avions ne s'essouffle pas, tant en
Atlantique qu'en Méditerranée. Tout aéronef de l'aéronautique navale en mission sanitaire
ou de contrôle des pêches doit regarder les sillages. Mais il faut en regarder des sillages ! Ils
rentrent souvent bredouilles contrairement à ce que laissent penser les médias. Il faut bien dire que les contrevenants sont certainement en majorité réellement pollueurs. Il est étonnant qu'en 2005 encore, il y ait des mécaniciens qui vident leurs puisards machine à moins de 200 milles des côtes (parfois même à la limite des eaux territoriales). J'éprouve des terreurs rétrospectives en me rappelant mes bons amis mécaniciens me disant de ne pas m'inquiéter, que les caisses avaient encore du vide, que le 15ppm (turbulo !) marchait à la perfection, que les filtres avaient été changés ! 2 navires ont été relaxés : l'un parce que ses tuyaux de ballastage étaient pourris et qu'il y avait passage entre soutes et ballasts (mais il a été condamné en appel), l'autre parce qu'en évacuant ses ballasts chargés en limon, on s'est aperçu que les boues contenaient des hydrocarbures. Je ne crois pas que plus d'un ou deux navires n'aient déchargé volontairement des boues provenant des séparateurs. En général il s'agit de vidange de puisards ou du ballast eaux de cale en passant à travers le séparateur 15ppm. Ce séparateur est en mauvais état, pas entretenu ou simplement manœuvré cellule shuntée en faisant passer de l'eau claire. |
![]() Robe du président du T. G. I. |
Le procureur fait bien son travail, il a mis au point ce qui se faisait ailleurs : dérouter le
navire, faire payer une caution, entendre le capitaine et le chef mécanicien, faire contrôler
sérieusement le navire (sécurité, propreté, gestion des hydrocarbures). Le procureur demande une
sanction exemplaire …arguant du fait que c'est l'assurance qui payera ? Les parties civiles (6 à 7 associations écologiques ou représentatives des communes) plaident bien fort contre ces voyous des mers qui rejettent volontairement leurs boues d'hydrocarbures pour faire des économies. Elles réclameront des sommes en fonction du mètre carré pollué. Les juges condamnent après avoir écouté la défense qui tente de mettre un doute sur le rapport d'expertise, qui tente de minimiser la pollution et prouve que la gestion des hydrocarbures est irréprochable, (débarquement à terre des boues, incinération etc.) Le juge confirmera l'amende, proche de la caution. 90% à l'armateur et 10% au capitaine. Il y a peu de temps encore, tout le monde croyait que l'assurance ou l'armateur prendrait en compte les 20.000 ou 40.000€ du capitaine….Mais certains (En Italie ou en Grèce) ont été fort surpris de recevoir l'injonction de paiement à la maison ! Nous nous sommes bien sûr inquiétés de l'absence de fiabilité des séparateurs à eaux mazouteuses, les armateurs aussi. Les US coast guard eux-mêmes ont fait une enquête auprès des navigants sur la fiabilité des séparateurs et leur maintenance. Nous aurions voulu mettre « à la cause » les fabricants, puis les sociétés de classification et les administrations qui homologuent ce matériel. Mais ceci est compliqué. L'administration italienne interdit à ses navires d'utiliser le séparateur à eaux mazouteuses. |