Certaines autorités ( ministres, députés européens etc..), trouvant la législation maritime obsolète,
voudraient que "les capitaines ne soient plus seuls à décider de l'appareillage de leur navire, en
particulier pour ceux transportant des matières dangereuses". Le départ pourrait être interdit pour
certaines catégories de navires en fonction de la météo. De plus en cas de mauvais temps pendant la
traversée, ces mêmes navires seraient tenus de gagner un abri.
Ceci amène les remarques suivantes:
Concernant l'appareillage, nous jugeons la situation actuelle simple et pratique. Nous tenons
absolument à ce que le commandant garde le droit de refuser d'appareiller (état du navire, de
l'équipage, de la cargaison, documents, météo etc..) même et surtout si on lui conseille de le faire
(armateur, commerciaux, autorités portuaires etc..).
Maintenant, si on nous interdit d'appareiller, eh bien, respectueux des lois, nous resterons à
quai….
Bonjour l'encombrement des ports et de leurs approches ! (quid de ceux qui attendent pour rentrer
?)
Actuellement les navires sont construits et menés (ou du moins ils devraient l'être) pour affronter
tous les temps qu'ils peuvent raisonnablement rencontrer pendant leurs voyages. De plus ils
transportent peu ou prou des marchandises dangereuses (ne serait-ce que leur fioul de propulsion).
On voit mal tous les ports de la Manche ou de la Mer du Nord cesser toute activité à l'approche de
chaque dépression atlantique.
On peut d'ailleurs remarquer qu'il est fortement conseillé aux navires d'appareiller en cas de
menace de cyclone, et obligatoire de le faire dans les ports gaziers algériens quand ils sont sous la
menace d'une houle de nord. Donc pas de généralisation hâtive !
D'autre part avec la législation actuelle, les ports peuvent toujours appliquer la classique
interdiction d'entrer et /ou de sortir (voir le port de Douvres lors de la dernière tempête de novembre
2000)
Enfin durant la traversée, le capitaine est le seul à pouvoir apprécier les conditions locales et donc
le mieux placé pour trouver les meilleures allures pour son navire (route, vitesse en fonction de la mer
et comportement du navire). Il est souvent préférable d'endurer le mauvais temps au large plutôt que
de vouloir à tout prix gagner un abri.
En conclusion ne bouleversons pas sous le coup de l'émotion un système qui a fait ses preuves !
Cdt Christian LOUDES
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