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Mesdames, Messieurs, L'évolution des risques de déversements d'hydrocarbures en mer. C'est un sujet sur lequel les idées fausses sont très répandues, qui nécessite quelques précisions sur l'origine de ces rejets, et des précautions sur l'estimation de leur quantité. A ce sujet, le réseau national des données sur l'eau, créé en 1992 par le ministère de l'environnement, déclare en particulier au sujet de la mesure des hydrocarbures dans les eaux : L'échantillonnage est fréquemment hasardeux, particulièrement lorsque les eaux résiduaires ne sont pas prélevées dans un réseau sous pression ou quand elles sont très chargées en huiles. Par ailleurs, les valeurs obtenues lors de dosages réalisés sur un même échantillon sont très diverses selon la méthode normalisée utilisée, car celles-ci se rapportent alors à la détection partielle ou totale de composés différents. Fin de citation, à mémoriser ! |
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Ce tableau se limite aux rejets industriels qui satisfont aux critères de l'enquête nationale. Tous les flux
mentionnés d'eaux résiduaires sont mesurés en sortie d'établissement, pour lesquels sont distingués les
rejets isolés, flux nets dans le milieu aquatique depuis le site industriel, et les rejets raccordés, flux bruts
passant ensuite dans des stations d'épuration collectives. On notera que la somme des rejets isolés s'élève à 454 tonnes/an. |

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ERIKA Pétrolier construit en 1975, pavillon de Malte. Au moment du naufrage, le navire transporte 31000 tonnes de F.O. N°2, et est âgé de 24 ans. L'Erika coule le 12/12/1999 au sud de la pointe de Penmarc'h après s'être cassé en deux dans la tempête. Le déversement d'hydrocarbure atteint 20000 tonnes. Motif du naufrage : Pendant la traversée Dunkerque – Livourne, l'eau de mer entre par une cassure de coque, et fait prendre de la gite au pétrolier. Le commandant fait redresser le navire, sans tenir compte de l'augmentation importante des efforts induits par le mauvais choix des transferts, ce qui se traduit rapidement par la cassure complète de la coque. Commentaire: Lors de son dernier passage au chantier de réparation, la société de classification prescrit le remplacement de trois anneaux porque, dont un à faire immédiatement. Le chantier de réparation utilise alors un échantillonnage nettement inférieur à celui de la construction du navire Les causes essentielles de cette marée noire sont la malfaçon des travaux de réparation, l'incompétence de l'équipage et la fatigue du navire. PRESTIGE Pétrolier construit en 1976, pavillon des Bahamas. Au moment du naufrage, le navire transporte 77.000 tonnes de F.O. N°2, et est âgé de 26 ans. Le Prestige coule le 13/11/2002 au large du cap Finisterre, après s'être cassé en deux dans la tempête. Le déversement d'hydrocarbures atteint 60 000 tonnes. Motif du naufrage : La seule information sûre est celle fournie par l'American Bureau of Shipping, société assurant la classification du navire, qui a effectué sa propre enquête. Les transferts réalisés par l'équipage ont porté le moment fléchissant de la poutre navire à 175% du maximum autorisé. Et il a fallu encore près d'une semaine au mauvais temps pour finir de casser le pétrolier, démontrant ainsi une certaine solidité de la coque. Commentaire : La cause essentielle de cette marée noire est due à l'incompétence de l'équipage. Le Prestige était équipé de 2 citernes (3 Bd et 3 Td) pouvant être utilisées pour le ballastage ou pour le transport de pétrole, et deux citernes (2 bd AR et 2 td AR) exclusivement pour le ballastage. Le circuit de ballastage et le circuit de cargaison avaient donc des jonctions communes. Une erreur de ballastage, ou un défaut de vannes est probablement à l'origine de la surcharge, sans que le commandant en ait obligatoirement eu connaissance. |

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Les séparateurs 15 ppm comme les incinérateurs sont des appareils qui tombent en panne. Même
peut-être plus souvent que d'autres. Une cellule défectueuse peut indiquer moins de 15 ppm alors
qu'il y a beaucoup plus. Cela arrive régulièrement, ne se voit pas du compartiment machine, mais
seulement dans le sillage, pour autant que les conditions de mer, de vent, et de vitesse permettent
d'être vraiment être sûr de ce que l'on voit dans un sillage. Quoique puissent en penser certains procureurs de la République, le rejet de produits huileux est parfois la conséquence d'évènements insurmontables comme le montre l'exemple suivant concernant les lubrifiants. Au cours d'une grande traversée du Pacifique, le Chef mécanicien constate une consommation anormale d'huile d'étambot, suivie d'un retour à la normale au bout de quelques jours. Au cours de la traversée entre l'Australie et Singapour, la consommation d'huile étambot a brutalement repris, atteignant jusqu'à 50 litres/heure, et nécessitant le bricolage d'une caisse d'appoint pour éviter le grillage de l'unique ligne d'arbre. Que faire sinon polluer ? Il n'y avait pas de remorqueur de haute mer disponible dans la zone, et le grand nombre d'îles dans cette région ajouté aux courants importants qui y règnent ne permettaient pas d'envisager d'attendre longtemps à la dérive l'arrivée d'un remorqueur. |
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A la question qui lui était posée sur un recours possible devant le TIDM en matière de pollution des
côtes, le juge français du TIDM a répondu ceci « C'est une question très sensible et difficile. Le
TIDM pourrait connaître de tout litige entre l'Etat du pavillon et l'Etat côtier à ce sujet pour contrôle
insuffisant par l'Etat du pavillon du navire polluant. Il ne l'a jamais été et, au demeurant, je ne
connais pas de cas dans lequel on ait cherché à mettre en cause l'Etat du pavillon. C'est très
dommage, car toute la question de la responsabilité de l'Etat du pavillon reste à définir en droit
international. C'est là une question de volonté des Etats souverains. Il suffirait, par exemple, que la
France intente un recours contre Les Bahamas à propos de l'affaire du Prestige devant le TIDM ou
un tribunal arbitral pour poser enfin le problème devant une juridiction internationale. Je crois que ce
serait une contribution intéressante à l'évolution du droit international en la matière. Mais je constate
la réticence des Etats à s'engager dans cette voie. » Fin de citation. Montré du doigt sans cesse et mis en cause par de multiples condamnations, un Etat défaillant serait contraint de reprendre à la hausse les règles et normes auxquelles les navires immatriculés sous son pavillon doivent se soumettre. |
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Extrait de l’annexe au recueil de preuves concernant les rejets en provenance des navires -
Accord de BONN (1993)
Guide pour les relations entre aspect, épaisseur et volume de l’hydrocarbure flottant.
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Dans un avenir proche, l'enregistrement automatique des données de navigation, et la transmission
automatique de la position avec l'indicatif devraient améliorer la sécurité, et donc réduire les
abordages. Mais la décision importante prise et appliquée concerne la structure des pétroliers, qui
doivent maintenant être à double coque. Toutefois, la double coque peut être transpercée en cas d'abordage (cas du TRICOLOR) ou d'une explosion (cas du LIMBURG). Quant à l'échouement, l'énormité des contraintes induites fait qu'il n'y a guère de différence entre une coque simple ou double. Sauf pour des bâtiments spéciaux, les navires de commerce ne sont pas prévus pour cela. |

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A comparer avec la pollution de sillage de 50m sur 2 km en ZEE photographiée par un aéronef de la
Marine Nationale. Sur la foi de ces quelques photos, le capitaine (Allemand) du CMA-CGM Voltaire
a été condamné en première instance à 100.000€ d'amende par le tribunal de Brest, portée à
200.000€ par la cour d'appel de Rennes le 13/01/2005. Les tribunaux ont un petit peu oublié la
résolution A787 de l'OMI ainsi que les accords de Bonn (dont la limite géographique est très voisine
du lieu de constatation), qui spécifient la liste des preuves à fournir. De plus, le CMA-CGM Voltaire
sortait du chantier de construction, et son exploitant, CMA-CGM, n'a jamais discuté la moindre
demande de débarquement de résidus huileux. Je le sais pour y avoir commandé pendant un certain
nombre d'années. La présomption d'innocence s'est donc, jusqu'au niveau d'une cour d'appel, transformée en présomption de culpabilité. Cela risque de faire jurisprudence, et c'est particulièrement inquiétant. |
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Un équipage qualifié coûte cher, et l'armateur le réduit le plus possible, ce qui peut se traduire par
plus de 12h de travail par jour, avec un sommeil morcelé. Il arrive que l'officier de quart, seul sur la
passerelle, s'endorme malgré le dispositif de l'homme mort, et le navire s'échoue, avec souvent une
perte de d'hydrocarbures par les ballasts crevés. C'était le cas pour le COASTAL BAY, qui s'est
échoué 21 juillet 2000 sur l'île d'Anglesey, pour le Melbridge Bilbao, qui s'est échoué le 12 novembre
2001 sur l'île de Molène, et bien d'autres encore. La majeure partie des équipages provient de pays à faible revenus, et est fournie par des marchands d'hommes. Le contrat garantit des compétences opposables aux inspections, mais les brevets délivrés dans certains pays sont d'un niveau extrêmement faible, et l'usage d'excellents faux très répandus. Un brevet de capitaine philippin se vend à Manille pour une vingtaine de dollars Comment s'étonner ensuite que le suivi du bon fonctionnement d'un séparateur 15 ppm devienne aléatoire ! La langue véhiculaire est l'anglais, aux variations géographiques près. Tout le monde ou presque s'en satisfait, du moins à terre. |
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Bien qu'il soit politiquement et médiatiquement totalement incorrect, le nucléaire, qui n'en est qu'à
ses débuts, pourrait résoudre le problème de la pollution par les hydrocarbures. Il a fait ses preuves
dans le domaine militaire, ainsi qu'à terre malgré la catastrophe de Tchernobyl, due pour l'essentiel
à l'inconscience et à la bêtise des dirigeants de l'époque. Bref, tant qu'on ne sera pas le dos au mur, il n'y aura rien de fait dans ce domaine. Que penser en fin de compte ? Même si les mesures prises ont déjà considérablement réduit, et vont encore réduire les risques de marées noires importantes, il n'est pas raisonnable de penser pouvoir les éradiquer tant qu'on aura recours au pétrole. Par contre, la faculté d'oubli aidant, la raréfaction de ces catastrophes risque d'amoindrir l'efficacité des mesures de prévention et surtout de traitement, ne serait-ce qu'en raison des efforts financiers permanents nécessaires. |