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Certes, les personnes à bord avaient déjà conscience des dangers, surtout liés à la piraterie et aux clandestins. Mais il restait encore du chemin à faire pour les autres dangers évoqués par le code, tel le terrorisme. De plus, alors qu'à la lecture du titre du code qui concerne les navires mais aussi les installations portuaires, une grande nouveauté, la lecture proprement dite du code apportait quand même un gros doute sur sa partie portuaire. Pourquoi après avoir lu le code pouvait-on penser que les navires étaient une fois de plus les seuls à être concernés ? La partie A, la seule obligatoire jusqu'à maintenant, parle beaucoup plus du navire que du port. Elle exige surtout une vérification / certification du navire, mais pas du port. Cela, les rares membres d'équipage qui avaient eu la curiosité de lire le code s'en étaient aperçus. L'acceptation du code en eut que plus de difficulté pour eux, mais aussi pour les membres d'équipage qui n'avaient pas lu le code, et entendaient les autres le critiquer. Et ceci bien avant son application. |
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Il a fallu aussi se pencher sur certains problèmes techniques à résoudre, certes en accord avec les
services "technique et qualité" des compagnies. Ces problèmes ont été d'ordres divers: installation du
"Ship Security Alert System", étude de la fermeture des portes étanches tout en les maintenant
facilement ouvrables de l'intérieur, sécurité oblige, détermination des locaux devant être condamnés en
escale et qui peut en avoir la "clef", blocage de certaines échelles extérieures, fermeture et condamnation
des ouvertures sur le pont pouvant servir de cachettes à des terroristes. Ceci, tout en gardant à l'esprit la sécurité du navire et de l'équipage. Fermer les portes étanches d'accès aux emménagements peut être une fausse bonne idée. Certes il faut penser à la non-intrusion d'éléments non-désirés dans les emménagements mais il ne faut pas oublier que l'équipage peut avoir besoin de sortir ou d'entrer rapidement, et qu'il lui faut donc pouvoir le faire sans avoir à tourner en rond un certain temps avant de trouver la bonne porte. |
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Car d'une manière générale, il y a encore toujours des difficultés avec certains visiteurs. Une
majorité encore trop grosse d'officiels se pense au-dessus des lois, tout au moins de celle-là et
refuse de décliner son identité. Ne parlons pas de la prouver; la seule vue de leur uniforme kaki
devrait suffire à imposer le respect et surtout ne pas permettre d'oser embêter ces messieurs avec un code dont
ils n'ont que faire si ce n'est de vous le reprocher lorsque vous l'appliquez et de vous le faire
remarquer si vous ne l'appliquez que moyennement avec eux. Ceci est aussi valable avec le personnel du terminal ou le représentant de l'affréteur qui certes ont déjà peut-être dû prouver leur identité à l'entrée du terminal, mais ce dont nous ne sommes pas au courant à bord. Et quand bien même le serions-nous, nous sommes dans l'obligation, du fait du code, de re-vérifier leur identité à leur arrivée à bord. Et ne parlons pas de la fouille des bagages. Pour cela, il existe une seule méthode: les faire ouvrir sur le pont à l'arrivée du visiteur. Déjà il n'est pas très facile, on peut en convenir, pour un ouvrier mécanicien de demander à un visiteur ses papiers, mais alors lui demander d'ouvrir son sac pour jeter un coup d'oeil dedans, voire le fouiller, alors que la demande d'identité est considérée par certains comme une atteinte à la liberté individuelle ! |
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Comme inconvénients de l'application de l'ISPS, il y a le travail supplémentaire que cela a donné
aux équipages pour l'installation du matériel; le temps passé en formation supplémentaire,
(formation pas toujours bien comprise sur la connaissance de nouveaux textes et leur
application à bord); la préparation et la modification de l'organisation de travail pendant les escales. Il y a aussi la routine qui peut s'installer. A ma dernière visite dans un port européen, nous avons eu à enregistrer 85 entrées sur le visitor log book , et donc 85 sorties du bord. Sur 2 jours et demi, c'est beaucoup. Et bien sûr certaines personnes plusieurs fois. Le vrai danger est peut-être là: on voit et on vérifie une personne une fois, 2 fois, 3 fois et puis on sait qui il est, ce qu'il vient faire normalement et la routine aidant on ne le vérifie plus comme avant. On marque bien sur son heure d'entrée et de sortie, mais on ne vérifie pas obligatoirement ce qu'il transporte. A la 6ème entrée à bord cette personne s'est peut-être transformée en dangereux terroriste. Mais le code ISPS a aussi apporté et devrait en apporter encore des avantages aux navires: lorsque l'on connaîtra à l'avance toutes les personnes qui doivent venir, on pourra travailler sans trop de surprises, être prêt à recevoir les visiteurs : tout le matériel et la documentation qu'ils demanderont seront prêts à leur arrivée. |